Durban II : l’Onu renonce aux des droits de l'homme [1/2]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Durban II : l’Onu renonce aux des droits de l'homme [1/2]

Message  Roy le Mer 10 Juin - 11:06

Durban II : l’Onu renonce à l’universitalité des droits de l’Homme

La Conférence internationale contre le racisme, "Durban II", s’est tenue du 20 au 24 avril à Genève. Elle était censée faire oublier l’organisation de la Conférence internationale contre le racisme réunie à Durban en Afrique du Sud en 2001, dix ans après la fin de l’apartheid, qui devait être un symbole fort, mais avait été l’occasion d’une flambée d’antisémitisme sous l’influence de pays musulmans. Des pays où l’idée même de droits de l’Homme est frappée d’interdit et qui avaient ainsi pu mettre dans l’ombre cette réalité. Un "échec retentissant", un « fiasco », les mots n’avaient pas été assez forts pour qualifier cette grave mascarade, l’ONU apparaissant alors comme une tribune donnée à la pire des causes.

La crédibilité des Nations-Unies et de son Conseil des droits de l’Homme, organisateur de la conférence, était en jeu. Elle s’annonçait déjà mal, sous l’influence de la volonté de pays musulmans de centrer les débats sur l’objectif d’assimiler au racisme la notion de « diffamation des religions ». Une Conférence qui était présidée par le président de la Lybie, un certain Kadhafi, une des pires figures de l’antithèse des droits de l’Homme, qui avait d’ailleurs été reçu en grande pompe en France il n’y a pas si longtemps. Une dizaine de pays avaient décidé de boycotter l’événement comme le Canada, la Suisse, les Etats-Unis et a fortiori Israël. La France de son côté avait décidé de participer avec le risque de donner du crédit à une telle démarche. Il s’était même trouvé des intellectuels français dont Caroline Fourest pour soutenir celle-ci de façon pour le moins curieuse.

Dans une tribune parue dans Libération, 19 députés de la majorité, dont Bernard Debré, Françoise de Panafieu, Claude Goasguen ou Lionnel Luca demandaient à l’Elysée de "ne pas cautionner" Durban II, une conférence "prétendument contre le racisme"."La tenue de celle-ci comporte pour l’avenir de nos démocraties de réels dangers dont il est urgent que le gouvernement français prenne la mesure", estimaient-ils. Pour eux, "le départ de la France aurait porté « un vrai coup à la crédibilité de ce processus et aurait privé Durban II de l’imprimatur tant recherché de l’ONU". Le député-maire de Paris, Claude Goasguen, a estimé que la France devait se retirer de la conférence.

La conférence sur le racisme de l’ONU qui s’est ouverte ce lundi n’a pas manqué de décevoir, et c’est un euphémisme !



L’ombre de l’islamisme portée sur les droits de l’Homme à Durban II

La délégation française était bien présente, mais le parti socialiste demandait qu’elle quitte la salle au moment où le leader iranien devait prendre la parole. Une partie de l’UMP partageait cet avis. Le PS demandait également "une extrême vigilance quant au contenu de la déclaration finale". "La France ne saurait cautionner un texte qui semblerait entériner les conclusions inacceptables de la première conférence. La condamnation de l’antisémitisme et de l’holocauste doivent y figurer explicitement. Le refus de toute discrimination, notamment à l’égard des femmes et des homosexuels, doit être réaffirmé".

Selon le parti de Martine Aubry, "C’est à cette condition que cette conférence sera susceptible de représenter une avancée pour les femmes et les hommes qui souffrent du racisme, de la xénophobie et des discriminations à travers le monde". Elle oubliait au passage de préciser que la ville de LILLE venait d’abandonner un projet de jumelage et de coopération économique et scientifique entre Lille et Haïfa en Israël et qu’elle est un soutien indéfectible aux milieux palestiniens proches du Hamas.

Mais surtout, ce dont souffre bien plus les femmes et les hommes dans le monde, ce sont des atteintes aux libertés et droits fondamentaux, atteintes aux droits de l’homme, atteintes à la liberté de pensée et d’expression, au droit à la libre critique des religions…. On pourrait parler aussi de l’étendue des discriminations sociales, conséquence de l’action des multinationales alliées à des gouvernements occidentaux en lien avec les Etats pauvres gouvernés par des castes attachées à des régimes corrompus qui sont pléthores. Combien vivent dans la terreur d’une religion, de seigneurs d’un autre temps et de tyrans sans que l’ONU ne bouge le petit doigt, comme c’est le cas en ce moment même vis-à-vis du président de la république islamique raciste et génocidaire du Soudan ?

L’ouverture des débats par Ahmadinejad, le président iranien, a été à la hauteur des attentes, jouant de la provocation qui lui est habituelle, dans une atmosphère délétère qui n’avait rien à envier à l’ambiance des meetings du national-socialisme d’un autre temps, visant essentiellement à mettre en accusation de racisme le gouvernement israélien et identifiant l’Occident et la lutte pour les droits de l’homme par ricochet, à une stratégie de domination et de soutien d’Israël. Derrière son discours, il se livrait en fait en utilisant ainsi Israël, à une véritable déclaration de guerre aux droits de l’homme. Des délégués devaient quitter alors la salle.

Tout au long de la journée, de nombreuses voix s’étaient exprimées pour tenter de relativiser les propos tenus en ouverture de l’événement qui en donnait bien en fait la véritable teneure. Le chef de la délégation syrienne, Faysal Mekdad, a plaidé pour la tolérance et a expliqué que des divergences de vues sont toujours prévisibles lors d’importantes réunions internationales de ce genre."En Syrie, nous considérons cela comme naturel. Les divergences peuvent être salutaires", a estimé Mekdad. Des propos en regard desquels on s’interroge de savoir s’il faut rire ou pleurer !

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al Malki, a qualifié l’occupation israélienne "de violation des droits de l’Homme" et "d’affreuse incarnation du racisme et de la discrimination raciale". "Les souffrances du peuple palestinien qui doit faire face à la pire forme de racisme politique par une puissance occupante doivent cesser", a-t-il lancé, qualifiant la frontière établie par Israël le long de la Cisjordanie "de mur de la ségrégation". Les « nations arabes » ont exprimé leurs inquiétudes concernant la situation des territoires occupés par l’Etat hébreu… Mais aucune dénonciation des propos du président iranien n’a été exprimée de leur part, qu’elles soutiennent derrière ces déclarations alambiquées. Pas un mot sur la condition épouvantable des droits de l’homme qui sévit dans leurs propres pays.

La France qui, avec les 23 autres pays présents de l’Union européenne, avait quitté la session plénière au cours de l’allocution d’Ahmadinejad, est revenue siéger, « misant » sur la possibilité d’avancées. Seule la République tchèque, qui assure la présidence tournante de l’Union, n’a pas repris sa place.

Le chef de la diplomatie française a déploré l’absence des Etats-Unis et de plusieurs autres nations européennes qui ne voulaient pas offrir, par leur présence, une légitimité à une nouvelle conception des droits de l’homme qui ne vise qu’à justifier en réalité les atteintes aux libertés dans leurs propres pays et à faire commerce de l’antisémitisme, bouc-émissaire du ralliement à leurs dictatures.

Kouchner a souligné qu’il existait un paradoxe, ici non à tort, dans le fait que Washington cherche contre toutes attentes à renouer le dialogue avec Téhéran tout en ayant refusé de participer aux travaux de Durban II. Une attitude américaine qui laisse mal présager des choix de la politique étrangère des Etats-Unis, trop prêts à des compromis précisément côté des droits de l’homme malgré ce boycott, la logique de la mondialisation libérale apparaissant comme toujours supérieure à toute autre considération.

"La meilleure réponse à apporter aux propos incendiaires d’Ahmadinejad est de rester à Genève et de réfuter ces paroles", avait aussi estimé Juliette de Rivero de l’organisation humanitaire Human Rights Watch. Elle montrait par là-même les dérives de la fonction qu’occupent les ONG mobilisées sur une logique humanitaire toujours prête à toutes sortes de compromis, qui ici trouve ses limites politiques, alors que les enjeux pour les libertés deviennent vitaux pour combien de peuples réduit à l’aliénation et la violence politico-religieuse.

L’adoption de la Déclaration sur le racisme de Durban II : une grave illusion

La déclaration, qui a fait l’objet d’un travail préparatoire de plusieurs mois et doit assurer le suivi de la conférence de Durban en 2001, devait initialement être soumise à approbation en fin de semaine. Les délégués à la conférence "Durban II" ont adopté par acclamation en avance, mardi, la déclaration sur la lutte contre le racisme, croyant pouvoir rapidement tourner la page de la controverse provoquée la veille par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

La conférence sur le racisme ("Durban II") de Genève n’est "pas du tout un échec" malgré les "insanités antisémites" proférées par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a estimé mardi le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur Europe 1. L’adoption du texte final devait même signer "l’échec d’Ahmadinejad". Surenchérissant, c’était même pour lui « le début d’un succès", justifiant ainsi le choix de ne pas boycotter la conférence. Malgré le départ des ambassadeurs de l’Union européenne durant le discours du président Ahmadinejad lundi, "nous n’avons pas quitté la conférence » avançait-il fièrement.

Alors que la conférence de Durban I en 2001 avait vu un "déferlement de racisme", Durban II s’apprête à adopter "un texte où figure tout ce que nous souhaitions » poursuivait-il « tout ce que les pays occidentaux souhaitaient" même si "ce n’est pas parfait", pour le moins !

"Nous avons travaillé des années pour avoir ce texte, certains de nos amis ont été convaincus, ceux que l’on appelle les arabes modérés, au Moyen-Orient, et nous ne pouvions pas les abandonner", a-t-il encore plaidé. Peut-être la Lybie par exemple ? Reçue il n’y a pas si longtemps en grande pompe par le président de la République, et qui en avait profité au passage pour cracher sur les droits de l’Homme et notre pays tout en se présentant en figure de proue du combat émancipateur des pays ex-colonisés fondée sur la dictature de la religion, conçue comme rempart contre l’Occident pour mieux y interdire les libertés et la démocratie !

...


Dernière édition par Roy le Mer 10 Juin - 11:15, édité 3 fois

_________________
Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson - Confucius -

Roy
Administrateur

Nombre de messages : 1695
Age : 47
Date d'inscription : 23/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur http://marcywood.forumpro.fr

Revenir en haut Aller en bas

Durban II : l’Onu renonce aux des droits de l'homme [2/2]

Message  Roy le Mer 10 Juin - 11:07

"Dans ce texte (...) tout ce que nous voulions mentionner, c’est-à-dire l’antisémitisme, la discrimination sur les personnes, la liberté d’expression, le génocide a été mentionné, la mémoire de l’Holocauste, les droits des femmes ont été mentionnés, la traite des êtres humains, les personnes atteintes du VIH, les personnes handicapées", a poursuivi M. Kouchner. Interrogé sur le fait que les discriminations envers les homosexuels ne figuraient pas dans le texte, il a reconnu que "ça on n’a pas pu, on le fera la prochaine fois"…

Il s’agit en réalité d’une déclaration édulcorée déplorant surtout les préjudices et les inégalités qui touchent les minorités ethniques, les travailleurs immigrés, les réfugiés et les plus pauvres. Des minorités ethniques dont le droit passe au devant des droits et libertés individuelles et qui, de façon pernicieuse au nom d’une cause qui apparait juste, donne à des responsables de communautés un pouvoir qui efface les droits individuels de ceux qu’ils défendent au nom des discriminations ethniques dont ils sont les réels ou prétendues victimes.

La solution ne peut être que dans une inaliénabilité des droits et libertés individuelles et nulle part ailleurs, qui permet aussi à chacun de choisir ses affiliations, fusse à une communauté de culture ou d’origine ! Interrogé pour savoir pourquoi la France n’avait pas, comme les Etats-Unis, Israël et plusieurs pays européens, boycotté cette conférence, il a affirmé que "nous pouvions choisir comme les autres de faire le gros dos et de ne pas y aller" mais "la chaise vide, c’est facile… » Des propos très légers face à l’énormité du problème pourtant. Car partir, contrairement à ce qui est soutenu ici, c’était non seulement plus courageux que de rester mais c’était donner aussi le signe de vouloir rompre avec une logique de confusion qui donne à l’ONU comme en France sous les propos de Nicolas Sarkozy, un pouvoir d’influence de la religion sur la politique qui amène à des reniements de libertés à la mesure des parts qu’on lui concède et finalement confine au fascisme à plus ou moins long terme. Combien d’exemples nous l’ont montré de par le monde, qui n’ont même pas été évoqués lors de cette conférence honteuse.

La diffamation des religions distincte du racisme, selon des experts onusiens : encore heureux !

Face à une alliance de pays islamiques soutenus par des alliés qui avait tenté de faire intégrer la notion de "diffamation de la religion", comme forme de racisme devant faire l’objet d’une interdiction internationale, dans la déclaration adoptée mardi par consensus, des experts onusiens ont été sollicités semble-t-il à la va-vite, pour contrer cette démarche qui était la toile de fond de la Conférence.

Mercredi, lors d’une séance organisée par l’Onu parallèlement à la conférence, les experts onusiens originaires du Kenya, du Pakistan et du Guatemala, ont fait valoir que la notion de diffamation assimilée à un racisme et approuvée avec de fortes majorités a sein de l’ONU ces dix dernières années, se prêtait aux abus. La première résolution de cette nature avait été adoptée en 1999 par l’ex-Commission des droits de l’homme de l’ONU, à laquelle a succédé le Conseil des droits de l’homme. Des textes analogues sans caractère contraignant ont été approuvés à l’Assemblée générale des Nations unies préparant l’actuelle Conférence, la dernière en date au mois de décembre, à l’initiative des pays islamiques et leurs alliés (dont la Chine, Cuba et la Russie) condamnant la "diffamation" dans le cadre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Aussi, les experts ont exposé que, "Alors que certains arguent que la ’diffamation de la religion’ peut s’assimiler au racisme, nous souhaitons mettre en garde contre une confusion entre un propos raciste et un fait relevant de la ‘diffamation de la religion’ ». Les trois experts expliquaient qu"Il existe de nombreux exemples de persécutions de minorités religieuses ou de dissidents religieux, mais aussi d’athées et de non-théistes, qui découlent de dispositions législatives sur les délits religieux".

Beaucoup de contortionnements qui auraient été évités si depuis bien longtemps on avait au sein de l’ONU fait bouger les lignes. En réalité, l’ONU a été mise depuis de nombreuses années au service d’une stratégie portée par des pays islamiques qui consiste dans une attaque systématiquement de l’universalité des droits de l’Homme et de la démocratie, désignées comme instrument d’une domination post-coloniale, pour mieux contourner toute exigence dans ce domaine, alors que c’est précisément la nature même de l’ONU que d’en défendre les valeurs partout.

Selon Navi Pillay, Haut Commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme, les pays défendant la notion de diffamation des religions ont accepté d’y renoncer dans le cadre de ce qu’il a qualifié de « compromis ». Mais ils ont persisté dans divers discours à soutenir la nécessité d’une action à cet égard et n’ont nullement renoncé à cette logique qui est une stratégie de longue date qui structure aujourd’hui la politique des pays en cause, pour défendre tout un système contraire aux droits de l’Homme auxquels on oppose le droit à la religion, portant la confusion entre droit à la croyance et domination de la religion et de ses préceptes moyenâgeux sur une société.

"Le droit à la liberté d’expression constitue un aspect essentiel du droit à la liberté de culte et de croyance (...) essentiel à la création d’un environnement dans lequel un débat critique sur la religion peut avoir lieu", ont dit les experts. Pillay, rejointe par les trois experts, a déclaré mardi que la déclaration de la conférence montrait que le débat s’écartait d’une condamnation de la "diffamation" au profit d’une action des gouvernements visant à prévenir l"’incitation à la haine".

En réalité, par-delà cette volonté de sauver les apparences, il n’y a pas de compromis possible avec les dirigeants des gouvernements en cause, et il faut différencier ceux-ci de leurs pays, de leurs peuples qu’ils oppriment. Le combat en faveur des droits de l’Homme, des valeurs de progrès, défend en réalité ces pays contre leurs propres gouvernants dont la plupart sont à mettre au ban de l’histoire !

La déclaration adoptée mardi et qui est censée redorer la Conférence et l’ONU n’a été qu’un pis-aller dans une situation internationale où la question des droits de l’Homme et des libertés est de plus en plus préoccupante en raison justement d’une idéologie qui n’a rien à voir à proprement parler avec la croyance, mais avec une volonté de la part de nombreux pays musulmans de jouer la logique du choc des civilisations en dénonçant systématiquement l’Occident et ses valeurs. On y joue de l’amalgame entre la politique impérialiste de toujours de certains et des acquis d’émancipation qui valent pour toute la planète, dont la liberté de conscience, de penser et d’expression.

Le bilan de Durban II : plus jamais ça !

Raphaël Haddad, président de l’Union des étudiants juifs de France, coiffé d’une perruque, et d’un nez rouge qu’il a lancé vers le président iranien Ahmadinejad à la tribune de la Conférence de l’ONU ce lundi, a fait sensation. Il a ensuite été expulsé de celle-ci non sans être applaudie par une partie de la salle. Une façon comme une autre de souligner le caractère grotesque de cette conférence de Durban II dont la présidence est revenue à un pays qui viole systématiquement les droits de l’homme, à savoir la Libye, porte drapeau des dictatures religieuses où ne compte plus les atteintes aux droits de l’homme et les crimes, avec en ouverture pour le symbole « un type raciste, xénophobe et antisémite qui serait en prison ou au moins devant la justice en France » comme devait le souligner très justement Raphaël Haddad.

D’ailleurs, on pourrait faire le parallèle en France avec une montée des mêmes valeurs et idées contraires aux droits de l’Homme et à la démocratie que certains n’hésitent pas à utiliser pour les combattre, et que la montée en puissance de la présence du voile dans l’espace public exprime. Une situation où aussi on se confronte à la demande incessante de concessions aux revendications communautaires vis-à-vis de nos libertés fondamentales, sous prétextes de reconnaissance d’un droit à la différence qui aboutit à la différence des droits. L’enjeu y est aussi la liberté de pensée et d’expression, qu’un certain islam entend voir réduire, pour imposer à toute la société française un recul de nos libertés.

Les images montrant plusieurs dizaines de délégués quittant ostensiblement la salle pendant le discours d’Ahmadinejad ont amené de nombreux observateurs à regretter que l’ONU l’ait maintenue. Le Kényan Githu Muigai, rapporteur spécial de l’organisation sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance, estime ainsi que "Durban II" a illustré la nécessité "d’écarter les débats idéologiques incendiaires du travail concret, technique, qui doit être accompli sur le front du racisme". Tad Stahnke, membre de l’ONG de défense des droits de l’homme Right Watch, juge lui aussi très difficile d’aborder la lutte contre le racisme de façon exhaustive dans un cadre aussi large. "Les programmes concrets qui donnent des résultats sur le terrain vont permettre de donner un peu de crédibilité à ce processus", conclut-il. Fayçal Mekdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères, a commenté qu’"On ne peut cependant permettre à ces divergences d’opinion de paralyser nos efforts", a-t-il ajouté…

On le voit bien, sur le fond rien n’est réglé, aucune clarté n’a surgi de cette Conférence qui est une escroquerie de plus vis-à-vis des droits de l’Homme qui ne sont pas relatifs à une question d’opinion. La chose qui demeure est de savoir si la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU adoptée en 1949 est aujourd’hui remise en cause au nom des soi-disant « formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance ». Un thème qui sert à justifier une remise en cause des droits de l’Homme, et rien d’autre, en faisant que la primauté donnée à la question des discriminations écrase la logique des droits et libertés fondamentales, et à travers cet axe idéologique d’obtenir des limitations à la liberté de pensée et d’expression par des aménagements des droits de l’homme dont on brise l’universalité.

Défendre l’universalité des droits de l’homme contre les dictatures religieuses

Non seulement cette situation concoure à ce que des états criminels pour leurs propres peuples puissent continuer de les opprimer, au nom d’un droit à la différence portant la religion au dessus de tout contre le droit au libre-arbitre et à la libre pensée autant qu’à la liberté de croire ou de ne pas croire, mais converge dans ce sens de les laisser continuer de mener une guerre à toute évolution du monde dans le sens de la démocratie et de la voix émancipée des peuples. Il s’agit du point de vue de ces Etats, ne nous y trompons pas, d’une véritable guerre de civilisations contre l’Occident, sous-entendu, contre le modèle politique que les sociétés sous régime démocratique, avec toutes leurs imperfections, défendent.

On est en droit de s’interroger de savoir si cette situation n’est pas volontairement gérée de cette façon ambigüe encourageant les confusions et les compromis pour mieux permettre aux intérêts capitalistes de continuer de fructifier sur les contradictions, en prenant tous les risques vis-à-vis des libertés dans le monde. Quoi qu’il en soit, ce sont toujours les peuples qui paient ce genre de compromissions au prix fort.

Oui les valeurs d’émancipation, de liberté et les droits de l’homme, qui sont porteurs de progrès pour toute société, conquis de hautes luttes en Occident par les peuples, sont de valeur universelle, elles sont « bien » et patrimoine de l’humanité. Voilà ce qu’aurait du défendre Durban II !

Source : http://www.ripostelaique.com/Durban-2-l-Onu-renonce-a-l.html[/quote]

_________________
Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson - Confucius -

Roy
Administrateur

Nombre de messages : 1695
Age : 47
Date d'inscription : 23/10/2007

Voir le profil de l'utilisateur http://marcywood.forumpro.fr

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum